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Crédit conso : le coût caché des mensualités basses

août 22, 2026

Photo d'illustration

Une mensualité de 80 ou 120 euros peut sembler rassurante lorsqu’il faut financer une voiture d’occasion, des travaux, un équipement ménager ou un projet personnel. Elle donne l’impression d’un budget préservé et d’un crédit facile à absorber. Pourtant, dans un crédit à la consommation, une mensualité basse n’est jamais un indicateur suffisant pour juger si l’offre est avantageuse. Elle peut surtout cacher une durée de remboursement nettement plus longue, un montant total d’intérêts plus élevé, une assurance facultative coûteuse ou encore des frais annexes peu visibles.

Le véritable prix d’un emprunt ne se lit donc pas uniquement sur la ligne « mensualité ». Il se mesure à partir du taux annuel effectif global, de la durée, du coût total du crédit et de la capacité réelle de l’emprunteur à rembourser sans fragiliser son budget. Comprendre cette mécanique aide à comparer objectivement plusieurs propositions et à éviter de payer plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros de trop. Ce guide explique pourquoi les petites échéances peuvent coûter cher et comment construire un financement plus équilibré.

Pourquoi une mensualité basse paraît-elle si attractive ?

Crédit conso : le coût caché des mensualités basses - Pourquoi une mensualité basse paraît-elle si attractive ?

La mensualité est le chiffre mis en avant dans la plupart des publicités pour le crédit conso. C’est logique : elle répond immédiatement à la question que se pose un ménage, à savoir « combien vais-je devoir payer chaque mois ? ». Une échéance faible paraît plus compatible avec les dépenses quotidiennes, notamment lorsque le budget comporte déjà un loyer, des charges énergétiques, des abonnements, des dépenses alimentaires et éventuellement d’autres crédits.

Cette présentation peut toutefois orienter la décision vers le confort de court terme plutôt que vers le coût global. Deux offres destinées à financer exactement le même achat peuvent afficher des mensualités très différentes. La moins élevée n’est pas nécessairement la meilleure ; elle est souvent associée à une période de remboursement plus longue. Or, chaque mois supplémentaire entraîne généralement des intérêts additionnels.

Le biais du budget mensuel

Le cerveau humain privilégie naturellement les dépenses immédiates et identifiables. Payer 110 euros par mois pendant quatre ans paraît moins lourd que verser 180 euros pendant deux ans et demi, même si la seconde solution est moins coûteuse au total. Ce phénomène est renforcé lorsque l’achat est urgent ou émotionnel : réparation automobile, remplacement d’un lave-linge, frais médicaux non remboursés, déménagement ou projet familial.

Les organismes de crédit connaissent cette préférence. Leur communication peut ainsi valoriser une formule « à partir de X euros par mois » sans que le consommateur observe spontanément la durée, le TAEG ou le total dû. Ces informations doivent pourtant figurer dans l’offre, mais elles ne retiennent pas toujours autant l’attention que la mensualité affichée en gros caractères.

Une durée longue donne l’illusion d’un crédit plus accessible

Allonger la durée réduit mécaniquement le montant de chaque échéance, puisque le capital emprunté est réparti sur davantage de mensualités. Cela ne réduit pas la dette initiale. Au contraire, l’emprunteur reste engagé plus longtemps et paie souvent davantage d’intérêts. Il supporte aussi plus longtemps le risque de connaître un changement de situation : perte d’emploi, baisse de revenus, séparation, maladie, hausse des charges ou nouvelle dépense imprévue.

Une durée adaptée peut être pertinente pour préserver une marge de sécurité budgétaire. L’objectif n’est donc pas de choisir systématiquement la mensualité la plus haute possible. Il s’agit de trouver le meilleur compromis entre une échéance soutenable et un remboursement suffisamment rapide pour limiter le coût du financement.

  • Une faible mensualité peut indiquer une durée de remboursement élevée.
  • Une durée élevée augmente généralement le montant cumulé des intérêts.
  • Un crédit long laisse moins de flexibilité en cas d’imprévu financier.
  • Le coût total et le TAEG sont plus utiles que la mensualité seule pour comparer deux offres.

Comment se calcule le coût réel d’un crédit à la consommation ?

Le coût d’un crédit conso correspond à la somme versée en plus du capital emprunté. Il comprend principalement les intérêts, mais peut aussi inclure les frais de dossier, le coût d’une assurance emprunteur facultative lorsqu’elle est souscrite, ainsi que certains frais liés à des services annexes. Pour connaître le prix réel d’une offre, il faut comparer le montant total dû par l’emprunteur avec la somme effectivement empruntée.

Par exemple, si une personne emprunte 8 000 euros et rembourse au total 9 250 euros, le coût du crédit est de 1 250 euros. Ce calcul simple est particulièrement utile, car il évite de se perdre dans les taux ou dans les modalités commerciales. Il permet aussi de constater immédiatement l’effet d’une durée allongée.

Le rôle central du TAEG

Le taux annuel effectif global, ou TAEG, est l’indicateur réglementaire à examiner en priorité. Il exprime en pourcentage annuel le coût global du crédit, en intégrant les intérêts et les frais obligatoires nécessaires à l’obtention du financement. C’est le taux qui permet de comparer des offres construites sur des bases similaires. Le taux débiteur, quant à lui, ne reflète pas toujours tous les frais.

Un TAEG plus faible est généralement favorable, mais il ne doit pas être étudié isolément. Deux offres au même TAEG peuvent avoir des coûts totaux différents si leur durée ou leurs frais optionnels ne sont pas comparables. Le bon réflexe consiste à regarder simultanément le TAEG, la durée, la mensualité hors assurance, l’assurance éventuelle et le montant total dû.

Intérêts, assurance et frais : ne rien laisser hors du calcul

L’assurance emprunteur n’est pas obligatoire dans la majorité des crédits à la consommation. Elle peut néanmoins être proposée pour couvrir certains risques, par exemple le décès, l’invalidité, l’incapacité de travail ou la perte d’emploi selon les contrats. Son utilité dépend de la situation personnelle, des garanties déjà détenues et de la capacité du foyer à faire face aux échéances en cas d’accident de la vie.

Une assurance ajoutée à une mensualité apparemment faible peut modifier sensiblement le budget réel. Il faut donc vérifier si le montant mis en avant inclut ou exclut l’assurance. Cette précision figure dans la fiche précontractuelle et dans l’offre de prêt. Les frais de dossier, lorsqu’ils existent, doivent également être intégrés à la comparaison.

Élément à comparerCe qu’il indiquePourquoi il est important
Montant empruntéLa somme réellement financéeIl sert de base pour mesurer le surcoût total.
MensualitéLa somme payée chaque moisElle doit rester compatible avec le budget disponible.
DuréeLe nombre de mois de remboursementElle influence directement le montant des intérêts.
TAEGLe coût annuel global réglementaireIl facilite la comparaison entre plusieurs offres.
Montant total dûCapital, intérêts et frais obligatoiresC’est le chiffre qui révèle le vrai prix du crédit.
Assurance facultativeLe coût des garanties souscritesElle peut augmenter fortement la dépense mensuelle et finale.

Exemple chiffré : le prix d’une durée allongée

Pour visualiser le coût caché des mensualités basses, prenons un même besoin de financement de 10 000 euros. Les montants ci-dessous sont indicatifs et servent uniquement à illustrer le mécanisme. Dans la pratique, le taux proposé dépend notamment du montant emprunté, de la durée, de la politique commerciale du prêteur et du profil de l’emprunteur.

Supposons une première offre sur 36 mois avec un TAEG fixe de 6 %. La mensualité hors assurance se situe autour de 304 euros. Le total remboursé est d’environ 10 945 euros, soit un coût de crédit proche de 945 euros. Cette mensualité est plus élevée, mais le remboursement est relativement rapide.

Comparer trois durées pour le même montant

Avec le même capital et un taux comparable, une durée de 60 mois peut ramener l’échéance à environ 193 euros. Cette baisse de plus de 100 euros chaque mois paraît séduisante. Pourtant, le montant total remboursé atteint approximativement 11 580 euros. Le coût du crédit dépasse alors 1 580 euros, soit plus de 600 euros supplémentaires par rapport à la formule sur 36 mois.

En étendant encore la durée à 84 mois, la mensualité peut descendre autour de 146 euros. Le budget mensuel paraît plus léger, mais le total remboursé peut atteindre environ 12 250 euros selon le taux retenu. L’économie apparente sur chaque échéance se transforme donc en un surcoût global supérieur à 1 300 euros par rapport au remboursement sur trois ans.

Montant financéDurée indicativeMensualité approximativeTotal remboursé approximatifCoût approximatif
10 000 €36 mois304 €10 945 €945 €
10 000 €60 mois193 €11 580 €1 580 €
10 000 €84 mois146 €12 250 €2 250 €

Ces écarts montrent pourquoi il faut se méfier d’une comparaison limitée aux mensualités. Une baisse de 158 euros par mois entre les options sur 36 et 84 mois procure une respiration budgétaire immédiate, mais elle se paie par un engagement de quatre années supplémentaires et par plus du double de coût financier.

Quand une durée plus longue peut rester justifiée

Une échéance très élevée peut déséquilibrer un foyer, conduire à utiliser le découvert bancaire ou obliger à recourir à un nouveau crédit en cas de dépense imprévue. Dans ce cas, choisir une durée un peu plus longue peut être plus prudent. Le meilleur financement n’est pas celui qui minimise les intérêts à tout prix, mais celui qui évite une situation de fragilité financière.

Une méthode raisonnable consiste à définir une mensualité cible qui laisse chaque mois une marge pour l’épargne de précaution, les dépenses variables et les imprévus. Une fois cette limite déterminée, il devient possible de rechercher la durée la plus courte compatible avec ce plafond. Si le projet impose une durée excessive, il peut être préférable de réduire le montant financé, reporter une partie de l’achat ou rechercher une solution moins coûteuse.

Les pièges fréquents derrière les offres de crédit conso

Les offres de financement ne sont pas toutes trompeuses, mais certaines présentations commerciales peuvent faire passer au second plan les données les plus importantes. Les formules promotionnelles, les simulations rapides en ligne ou le crédit proposé directement au moment de l’achat facilitent la souscription. Elles ne remplacent pas une lecture attentive de l’offre et une comparaison structurée.

Le crédit renouvelable et la mensualité minimale

Le crédit renouvelable, aussi appelé réserve d’argent, permet de disposer d’une somme utilisable progressivement. Son principal risque tient à sa souplesse : le capital se reconstitue au fur et à mesure des remboursements, ce qui peut encourager de nouvelles utilisations. Les mensualités minimales sont parfois faibles, mais elles peuvent prolonger considérablement la durée de remboursement lorsque le capital utilisé n’est pas remboursé rapidement.

Le taux appliqué à un crédit renouvelable peut être plus élevé que celui d’un prêt personnel amortissable classique. Avant de choisir cette formule, il est utile de se demander si le besoin est ponctuel et précisément chiffré. Si c’est le cas, un prêt personnel avec un montant, une durée et une date de fin connus peut offrir une meilleure visibilité.

Les options ajoutées au contrat

Garanties d’assurance, service d’assistance, report d’échéance, carte de paiement associée ou protection achat : certains produits complémentaires peuvent être proposés lors de la souscription. Ils ne sont pas nécessairement inutiles, mais doivent être examinés séparément. Une option facturée quelques euros par mois représente une somme conséquente sur cinq ou sept ans.

Il faut demander clairement si chaque service est obligatoire, s’il est inclus dans le TAEG et dans le total dû, et selon quelles conditions il peut être résilié. L’emprunteur doit aussi conserver la documentation contractuelle afin de vérifier les garanties réelles, les exclusions et les modalités de prélèvement.

Le report d’échéance présenté comme une solution simple

Un report de mensualité peut aider temporairement un emprunteur confronté à une difficulté exceptionnelle. Toutefois, cette souplesse n’est pas gratuite dans tous les cas. Les intérêts peuvent continuer à courir pendant la période concernée, ce qui augmente le coût final ou prolonge le crédit. Les conditions exactes doivent être demandées avant de considérer cette fonctionnalité comme un avantage décisif.

  • Ne choisissez jamais une offre sur la seule promesse d’une mensualité « à partir de ».
  • Vérifiez si la mensualité annoncée comprend l’assurance et les frais éventuels.
  • Contrôlez le nombre total de mensualités et le montant total dû.
  • Pour un besoin ponctuel, comparez le crédit renouvelable avec un prêt amortissable.
  • Lisez les conditions de report, de modulation et de remboursement anticipé.

Évaluer sa capacité de remboursement avant de signer

Crédit conso : le coût caché des mensualités basses - Évaluer sa capacité de remboursement avant de signer

La prévention du surendettement commence avant la souscription. Un prêteur a l’obligation d’évaluer la solvabilité du candidat au crédit, mais l’emprunteur doit également faire sa propre analyse. Une mensualité acceptable sur le papier peut devenir problématique si elle absorbe toute la marge disponible après les dépenses incontournables.

Il est recommandé de travailler à partir des revenus réellement perçus, et non des revenus espérés ou occasionnels. Les primes irrégulières, heures supplémentaires non garanties, commissions variables ou aides temporaires ne devraient pas servir à justifier une échéance durable. De même, les dépenses annuelles prévisibles doivent être mensualisées : assurance auto, taxe foncière, entretien du véhicule, rentrée scolaire, vacances, cadeaux ou frais de santé.

Construire un budget réaliste

Commencez par lister les revenus nets mensuels du foyer, puis déduisez les charges fixes : logement, énergie, télécommunications, assurances, impôts mensualisés, pensions, abonnements et autres prêts. Ensuite, estimez les dépenses variables sur plusieurs mois pour éviter de sous-évaluer l’alimentation, les transports, les loisirs et les achats courants.

La somme restante n’est pas automatiquement disponible pour un crédit. Une partie doit être consacrée à l’épargne de sécurité. Sans cette réserve, une facture imprévue peut entraîner un découvert, des incidents de paiement ou le recours à un nouvel emprunt. L’idéal est de tester la mensualité envisagée durant deux ou trois mois en mettant cette somme de côté. Si l’exercice est difficile, le crédit risque d’être trop ambitieux.

Le taux d’endettement n’est pas le seul indicateur

Le taux d’endettement correspond au rapport entre les charges de crédit et les revenus. C’est un repère utile, mais il ne suffit pas pour tous les profils. Deux foyers avec le même pourcentage d’endettement peuvent avoir des restes à vivre très différents selon leur revenu, leur composition familiale, leur loyer et leurs contraintes professionnelles.

Un ménage avec des revenus modestes doit être particulièrement attentif au reste à vivre, c’est-à-dire au montant disponible après le paiement des charges fixes. Un crédit à faible mensualité peut rester risqué si ce reste à vivre est déjà limité. À l’inverse, une mensualité plus élevée mais courte peut être envisageable pour un foyer disposant d’une épargne solide et de revenus stables.

Les signaux qui doivent inciter à renoncer ou à revoir le projet

Certains indices montrent qu’il vaut mieux réduire le montant emprunté ou différer l’achat. C’est notamment le cas lorsque le foyer utilise régulièrement son découvert autorisé, rembourse déjà plusieurs crédits, ne parvient pas à épargner, dépend de revenus instables ou prévoit prochainement un changement de logement ou de situation familiale.

Il est également prudent de ne pas financer avec un crédit long un bien qui perd rapidement de la valeur ou qui devra être remplacé avant la fin du remboursement. Financer un équipement électronique sur sept ans, par exemple, peut créer une situation où l’emprunteur continue à payer un produit obsolète ou inutilisable.

Comparer les offres et négocier un financement plus avantageux

Comparer ne consiste pas à ouvrir plusieurs simulations et à sélectionner l’échéance la plus basse. Une comparaison utile suppose de demander des propositions pour le même montant, le même type de projet et, idéalement, des durées proches. Sinon, une offre semble moins chère par mois uniquement parce qu’elle répartit le remboursement plus longtemps.

La fiche d’information précontractuelle européenne normalisée est un document essentiel. Elle permet d’identifier les principales caractéristiques du prêt avant signature : montant total du crédit, durée, taux débiteur, TAEG, échéances, total dû, frais, assurance et conséquences d’un défaut de paiement. Prenez le temps de la lire sans pression commerciale.

Une grille de comparaison simple

Pour chaque proposition, notez dans un tableau personnel le prêteur, le montant emprunté, la durée, la mensualité hors assurance, le TAEG, le coût de l’assurance, les frais de dossier et le total à rembourser. Classez ensuite les offres selon deux critères : leur coût total et leur compatibilité avec votre budget. Cette double lecture évite de privilégier un prêt peu cher mais trop lourd chaque mois, ou un prêt confortable mais inutilement long.

Les simulateurs en ligne peuvent fournir une première estimation, mais une simulation n’est pas toujours une offre ferme. Le taux finalement proposé peut varier après l’étude du dossier. Il faut donc vérifier les chiffres définitifs sur le contrat avant de donner son accord.

Les leviers pour réduire le coût du crédit

Plusieurs actions peuvent faire baisser le coût global. Le premier levier est de raccourcir la durée, même légèrement. Passer de 72 à 60 mois peut réduire sensiblement les intérêts sans augmenter la mensualité de manière insurmontable. Le deuxième levier est d’augmenter l’apport personnel : emprunter 7 500 euros au lieu de 10 000 euros réduit à la fois les intérêts et le risque budgétaire.

Il est aussi possible de mettre les organismes en concurrence. Une banque, un établissement spécialisé, une enseigne partenaire ou un courtier peuvent proposer des conditions différentes. Il ne faut pas hésiter à demander si les frais de dossier peuvent être supprimés, si une durée différente est possible ou si une assurance facultative est réellement nécessaire au regard de sa situation.

  • Comparez les offres à montant et durée comparables.
  • Demandez le montant total dû, pas seulement le taux ou la mensualité.
  • Réduisez le capital emprunté grâce à un apport, même modeste.
  • Préférez la durée la plus courte compatible avec un budget prudent.
  • Vérifiez l’intérêt concret des assurances et services optionnels.
  • Gardez une copie de tous les documents remis avant et après la signature.

Droits de l’emprunteur et règles applicables au crédit conso

Le crédit à la consommation est encadré en France par le Code de la consommation. Ces règles visent à protéger l’emprunteur, à améliorer l’information avant la signature et à limiter les pratiques de crédit irresponsable. Elles s’appliquent notamment aux prêts personnels, crédits affectés, crédits renouvelables, locations avec option d’achat dans certaines conditions et facilités de paiement relevant du champ légal.

Avant l’acceptation, le prêteur doit fournir des informations claires permettant d’évaluer l’engagement. Il doit également vérifier la solvabilité du client. Cette étape peut inclure la consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, communément appelé FICP, ainsi que l’examen des revenus, charges et justificatifs demandés.

Le délai de rétractation

Après avoir accepté une offre de crédit à la consommation, l’emprunteur bénéficie en principe d’un délai légal de rétractation de 14 jours calendaires. Pendant cette période, il peut renoncer au crédit sans devoir justifier sa décision. Les modalités pratiques figurent dans le contrat, avec un bordereau de rétractation ou des indications précises pour exercer ce droit.

Ce délai est une protection importante, particulièrement lorsqu’une signature a été réalisée dans l’urgence ou sous l’effet d’une promotion. Il peut être utile de relire calmement les documents chez soi, de refaire les calculs et de comparer une dernière fois avec d’autres solutions avant le déblocage des fonds.

Le remboursement anticipé

L’emprunteur peut rembourser tout ou partie de son crédit avant l’échéance prévue. Cette opération permet généralement de réduire les intérêts restant à courir et donc le coût final. Selon les circonstances et les montants concernés, une indemnité de remboursement anticipé peut être demandée par le prêteur, dans les limites fixées par la réglementation. Les conditions doivent être précisées dans le contrat.

Un remboursement anticipé partiel peut être intéressant après la perception d’une prime, d’un héritage, de la vente d’un bien ou lorsque l’épargne devient suffisante. Avant d’utiliser toute son épargne pour solder un prêt, il faut néanmoins conserver une réserve de sécurité. Rembourser un crédit tout en se retrouvant sans liquidités peut créer un nouveau risque financier.

En cas de difficulté de paiement

Il ne faut jamais attendre plusieurs échéances impayées avant de réagir. Dès qu’une difficulté est prévisible, contactez le prêteur afin d’étudier les possibilités prévues au contrat : aménagement temporaire, report encadré ou rééchelonnement. Une solution négociée tôt est souvent préférable à l’accumulation de frais, de relances et d’incidents.

Les personnes en situation financière complexe peuvent se rapprocher d’un Point Conseil Budget, d’une association de consommateurs, d’un travailleur social ou de leur banque pour obtenir un accompagnement. En cas de surendettement durable, la commission de surendettement de la Banque de France peut être saisie sous certaines conditions. Cette démarche ne doit pas être considérée comme une solution de confort, mais comme un dispositif de protection lorsqu’il devient impossible de faire face à l’ensemble de ses dettes.

Alternatives au crédit conso et stratégie pour emprunter moins cher

Avant de signer un emprunt, il est utile d’examiner les solutions qui permettent de diminuer ou d’éviter le financement. Le crédit conso peut répondre à un besoin réel, mais il ne doit pas devenir le réflexe automatique face à toute dépense. Plus le montant emprunté est faible, plus le coût total et la durée d’engagement diminuent.

Épargne, paiement fractionné et achat différé

Pour un achat non urgent, attendre quelques mois et constituer une épargne peut être plus avantageux qu’un prêt. Mettre de côté 150 euros par mois pendant dix mois permet de réunir 1 500 euros sans intérêts. Cette somme peut réduire le besoin de financement ou permettre d’acheter un modèle moins onéreux sans dette.

Le paiement fractionné sans frais peut parfois être une alternative pertinente, à condition qu’il soit réellement gratuit, que les prélèvements soient compatibles avec le budget et que l’acheteur ne multiplie pas les achats fractionnés. Plusieurs petits paiements étalés peuvent devenir difficiles à suivre et reconstituer une charge de crédit importante. Vérifiez toujours la nature juridique de l’offre et l’absence de frais cachés.

Les aides et financements spécifiques

Selon le projet, des aides peuvent exister et réduire le recours au crédit. Certains travaux de rénovation énergétique peuvent ouvrir droit à des dispositifs publics ou locaux, sous réserve des conditions en vigueur. Pour la mobilité, des aides régionales, communales, employeurs ou organismes sociaux peuvent parfois compléter le budget. Les salariés peuvent également se renseigner sur les avances, prêts sociaux ou aides proposées par leur entreprise et leur comité social et économique.

Dans certaines situations, un microcrédit personnel accompagné peut être envisagé pour des personnes exclues du crédit bancaire classique, notamment pour financer un projet favorisant l’insertion professionnelle ou sociale. Il est généralement accordé avec l’appui d’un organisme d’accompagnement. Cette solution doit être étudiée avec soin, comme tout engagement financier.

Une méthode de décision en cinq étapes

La stratégie la plus sûre consiste d’abord à définir précisément le besoin : quel achat, quel prix, quel degré d’urgence et quelle durée d’utilisation ? Ensuite, il faut rechercher les aides, remises ou alternatives d’occasion. Troisièmement, déterminez l’apport mobilisable sans vider votre épargne de précaution. Quatrièmement, comparez plusieurs crédits sur une durée identique. Enfin, choisissez la durée la plus courte qui laisse une marge budgétaire durable.

Cette méthode évite le piège du financement proposé au moment de l’achat, lorsque la décision est influencée par l’envie de repartir immédiatement avec le produit. Prendre 24 ou 48 heures pour relire une offre peut générer une économie importante sur plusieurs années. Un crédit bien choisi est un outil ponctuel ; un crédit mal calibré peut peser longtemps sur le budget du foyer.

Conclusion : regarder le coût total plutôt que la petite échéance

Une mensualité basse peut être adaptée à certaines situations, notamment lorsque le budget est serré et qu’une échéance plus élevée créerait un risque de difficulté. Elle ne doit cependant jamais être interprétée comme la preuve qu’un crédit conso est bon marché. Dans la majorité des cas, elle traduit une durée plus longue et un coût total supérieur. Le bon indicateur n’est donc pas seulement ce que vous paierez le mois prochain, mais ce que vous aurez payé lorsque le prêt sera entièrement terminé.

Avant de vous engager, comparez le TAEG, le nombre d’échéances, le coût de l’assurance, les frais éventuels et surtout le montant total dû. Testez aussi votre capacité à assumer la mensualité sans renoncer à l’épargne de précaution. En choisissant un capital réellement nécessaire, une durée maîtrisée et une offre transparente, vous protégez votre budget tout en réduisant le prix de votre projet. Prendre le temps de comparer reste souvent la meilleure façon d’éviter le coût caché des petites mensualités.

À retenir

  • Une mensualité plus basse résulte souvent d’une durée plus longue, qui augmente les intérêts et le montant total remboursé.
  • Pour comparer des crédits conso, analysez ensemble le TAEG, la durée, l’assurance éventuelle, les frais et le montant total dû.
  • Choisissez la durée la plus courte compatible avec un budget laissant une marge pour les imprévus et l’épargne de sécurité.

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